Notre industrie est portée par des femmes et des hommes remarquables. Des gens solides, polyvalents, ingénieux, qui s'adaptent chaque jour aux réalités changeantes du chantier et qui trouvent des solutions là où d'autres verraient des obstacles. C'est cette force humaine qui constitue, à mes yeux, notre plus grande richesse et c'est elle que Bitume Québec doit mettre en lumière.
Ma vision pour l'association s'articule autour d'un mot : rayonnement. Rayonnement de nos membres, de notre expertise, de nos innovations. Il ne suffit plus de bien faire notre travail; encore faut-il que la société le sache. Ce sont nos routes, nos chaussées, notre savoir-faire qui relient les familles, qui transportent les enfants vers l'école, qui ouvrent l'accès aux soins de santé. Ce lien entre notre travail quotidien et la qualité de vie des citoyens mérite d'être raconté, valorisé, célébré.
Bitume Québec a également un rôle de premier plan à jouer comme créateur de solutions. Plutôt que de réagir aux décisions des donneurs d'ouvrages, nous devons nous positionner en amont : proposer, innover, convaincre. Les décideurs ont besoin de partenaires qui leur apportent des réponses concrètes et durables. Nous avons la crédibilité et l'expertise pour être ces partenaires.
Il serait malhonnête de parler de l'avenir de notre industrie sans aborder franchement la question du financement des infrastructures. Le Québec, comme la plupart des pays développés, fait face à un déficit chronique d'investissements dans le maintien de ses actifs routiers. On rafistole là où il faudrait réhabiliter, on reporte là où il faudrait planifier. Le résultat, nous le voyons sur le terrain chaque jour.
C'est précisément pourquoi le rayonnement de notre industrie n'est pas qu'une question d'image c'est une nécessité stratégique. Si la population comprend la valeur réelle de nos infrastructures, si elle saisit ce que représente une chaussée bien entretenue dans son quotidien, elle exigera des élus qu'ils y investissent à la hauteur des besoins. Notre capacité à convaincre passe d'abord par notre capacité à nous faire connaître et à proposer des solutions crédibles. C'est en étant perçus comme des partenaires incontournables et non comme de simples fournisseurs que nous pourrons influencer durablement les décisions d'investissements.
En relisant le discours de mention honorifique de Marc Proteau, ancien président de l'association, j'ai trouvé une formulation qui m'a inspiré et qui résonne encore avec force aujourd'hui :
« Faire de l'association la tribune technique de référence. Que notre industrie affiche sa maturité, devienne le regroupement professionnel consulté dans le domaine des chaussées bitumineuses. Arrêter d'être de simple exécutant. »
— Marc Proteau, président 2004–2008
Cette ambition, exprimée il y a plus de vingt ans, reste entièrement d'actualité. Elle nous rappelle que le chemin vers la reconnaissance se construit dans la durée, à travers le partage des connaissances, la rigueur technique et la cohésion de l'industrie.
Car c'est bien là l'autre pilier de ma vision : le partage. Partager nos réussites, nos apprentissages, nos innovations ne nous affaiblit pas — cela nous renforce collectivement. Une connaissance transmise ne s'épuise pas, elle se multiplie. Plus notre industrie sera unie et transparente dans son excellence, plus elle sera crédible aux yeux des décideurs et de la population.
Pour y arriver, j'ai besoin de l'engagement de chacun : entrepreneurs, fournisseurs, affiliés et partenaires universitaires. Le comité rayonnement, mis sur pied l'an dernier, a déjà tracé une voie. En 2026, nous accélérerons sa mise en œuvre avec ambition.
Impliquons-nous avec audace. Partageons sans retenue. Rayonnons ensemble.
Le président,
Frédéric Noël, ing.